Après trois mois d’absence (pardonne-moi cher blog, mais je viens quand même consulter la photo quotidienne dont tu me fais don et qui illumine ma journée), me voici de retour, ne serait-ce que pour vous signaler que je suis encore en vie. Une conjonction de facteurs aussi farfelus les uns que les autres m’ont incité à cesser temporairement les activités de mon blog, bien que ce ne soit pas non plus une décision délibérée.
Tout d’abord, je veux vivre. Puis-je vivre? Laissez-moi vivre! Non, je délire, mais c'est tout de même exigeant de tenir un blog. Regardez ce texte, je l’écris alors que la nuit est tombée, que les rues sont dominées par les moufettes et leurs congénères : c'est pas facile la vie d’artiste. Et puis je ne suis pas payé, contrairement à tous ces Patrick Lagacé du monde. Et tant qu’à ne rien dire d’intéressant ou à me forcer pour écrire quelque chose d’insipide, je préfère ne rien dire. N'est-ce pas, Patrick?
Deuxièmement, le peu d’intérêt dont mes lecteurs (s’il y en a) ont fait preuve ne m’incite pas à aller de l’avant. Non pas que j’écrive mes textes seulement pour avoir une rétroaction, mais c’est quand même motivant de savoir que les gens nous lisent et que nous suscitons une réflexion, ou au moins une réaction.
Ensuite, un passe-temps relativement nouveau occupe relativement beaucoup de temps dans ma vie. J’ai commencé à jouer de la guitare au mois de novembre, je crois, et ce loisir me passionne vraiment. Et pour progresser, il faut y mettre du temps. C'est donc ce que je fais, avec des résultats plus que satisfaisants, si bien que je suis toujours tenté d’apprendre plus et d’aller plus loin! Mais la guitare est vraiment un beau passe-temps, divertissant autant qu’expiatoire ou thérapeutique.
Mais cette semaine, j’ai le temps d’écrire, je n’ai pas de cours, étant un « otage » (remarquez les guillemets, utilisés ici pour dénoncer la surenchère verbale de ce mot et la surutilisation dans nos médias pour toutes les situations, très souvent inappropriées) de la grève des professeurs de l’UQAM. Mes deux cours sont donc affectés par cette situation cette semaine, et la grève pourrait se prolonger au moins d’une autre semaine. Les professeurs sont sans contrat de travail depuis mai 2007. Ils demandent l’embauche de 300 professeurs et une hausse de salaire qui les mettrait au niveau des autres universités québécoises. On ne peut pas être contre ces revendications, puisque le nombre de professeurs par étudiants est le plus faible de toutes les universités québécoises. De plus, les professeurs craignent de se faire imposer un lock-out durant l’été, alors que les cours tournent au ralenti. Je vais donc profiter de cette semaine pour me sortir la tête de l’eau et tenter d’avancer mes travaux. La fin de session vient vraiment vite!
Je suis allé faire un tour aujourd’hui à la manifestation tenue dans le cadre de la Journée internationale contre la brutalité policière, organisée par le Collectif opposé à la brutalité policière. Je ne suis cependant pas resté très longtemps. L’atmosphère en était une d’état de siège, ou bien de quasi guerre civile. L’anti-émeute était tellement sur les dents qu’être dans la foule, même si on ne faisait que crier des slogans, était suffisant pour recevoir un coup de matraque et être coupable d’un crime quelconque. La cavalerie était même déployée pour cet événement! Les policiers prenaient cette journée vraiment au sérieux et avaient pris de grandes précautions. Ils ont même entravé le droit constitutionnel de manifester en bloquant la ligne orange du métro de Montréal, prétextant une panne. De plus, le service d'autobus passait outre la station Mont-Royal, lieu du rassemblement de la manifestation. Des policiers anti-émeute, appuyés par la cavalerie, ont également bloqué le coin des rues St-Denis et Mont-Royal, restreignant ainsi l'accès à la manifestation et scindant les protestataires en groupes séparés.
Dans ce genre de manifestation, la provocation vient des deux côtés, il faut le dire. La question est de savoir quel côté donnera l’occasion à l’autre de légitimer sa brutalité ou sa violence. Répondre à cette question est ardu, et c'est pourquoi je crois qu’il faut se garder de critiquer trop sévèrement un côté ou l’autre, ou encore d’absoudre les excès de l’un ou de l’autre. Une chose est certaine cependant, la police a la loi de son côté et agit en toute impunité, détenant, selon la formule du sociologue allemand Max Weber, le monopole de la violence physique légitime. Le cycle de la violence ne prendra jamais fin. Car la violence des manifestants est la réponse à une violence de l’État, il ne faut pas le nier. Répondre à la violence par la violence n’est sûrement pas approprié, mais cette réponse ne vient pas seulement de « bums » et de « voyous », comme a dit Claude Poirier hier. Elle est aussi le fait d’individus victimes de profilage racial et social qui se sentent marginalisés dans une société capitaliste qui laisse peu de place à ce genre d’individus qui ne se retrouvent pas dans ce que la société leur offre comme possibilités. De plus, le fait que les manifestants soient confrontés directement et de manière disproportionnée à la force policière qu’ils dénoncent justement favorise et rend à toutes fins pratiques inévitable un affrontement. Mais il faut noter que ce genre d’événements attire des individus qui ont peu de chose à voir avec la cause politique, mais qui sont là pour se ramasser une « quille » lors d’un des nombreux pillages qui ont lieu. Soulignons finalement la présence très notoire d’agitateurs et d’indicateurs au service de la police, qui sont là seulement pour faire du grabuge en espérant que les autres les suivent afin de justifier une répression policière. Qu’à cela ne tienne, il y a eu plus de 200 arrestations hier dans le cadre de cette manifestation. Attendons de voir le bilan et les accusations portées avant de nous prononcer là-dessus, même si certains le font déjà. Des accusations de brutalité sont déjà lancées, alors que d'autres questionnent le travail des policiers, et certains déplorent la « casse » de la manifestation.
Bon voilà, je crois que j’en ai assez écrit pour ce soir! Je vais tenter de revenir avant le mois de juin! Mais je vais finir ma session avant, si vous permettez?
Allez, portez-vous bien!
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1 commentaire:
Excellent ta session est terminée ! Finie ! Yes !
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