mercredi 17 décembre 2008

Pétards et peanuts

Je ne sais pas pour vous, mais de mon côté je suis en vacances depuis lundi 13 h 12, heure à laquelle je suis allé porter mon dernier travail. Une autre session de terminée, ma neuvième à la merveilleuse Université du Québec à Montréal. L’UQAM a d’ailleurs fait les manchettes la semaine dernière, avec cette histoire de colis suspect et de pétards. Deux canulars qui ont mis les policiers sur les dents. Il est difficile de les blâmer, dans le contexte des attaques quasi annuelles dont les écoles font les frais un peu partout. Imaginez si quelque chose était vraiment arrivé et que les policiers n’avaient pas fait preuve de zèle comme cela a été le cas. Ils se seraient faits blâmer sévèrement et la révolution aurait suivi! Les pauvres étudiants enfermés dans leur salle de classe devront donc finir une semaine plus tard que prévu!

Sur un autre plan, ce fut une bizarre de soirée d’élection en ce 8 décembre, la dernière pour Bernard Derome. J’ai commencé à l’écouter vers 21 h, et il paraît que les réseaux avaient annoncé dès 20 h 30, soit 30 minutes après la fermeture des bureaux, que le PLQ formerait un gouvernement majoritaire. Les réactions dans chacun des partis était cocasse : le PLQ semblait avoir perdu, le PQ était triomphaliste, Québec solidaire semblait avoir pris le pouvoir. Seule l’ADQ avait une réaction liée à ses résultats : la mine déconfite face à des militants défaits, Dumont a annoncé son départ. Même si certains ont pu dire que c'est un grand homme qui quitte, je ne crois pas que c’est une bien grande perte pour la vie politique québécoise. Il a tenté d’importer des idées de droite au Québec, mais les citoyens n’en veulent pas. Point. Seulement les idées de centre-droit de Charest passent. Allez dont comprendre pourquoi. Faut croire que les « contribuables » pensent à leur argent et leurs biens avant de penser au bien commun ou aux itinérants qui meurent de froid.

Au fédéral, Michael Ignatieff a finalement détrôné Stéphane Dion à la tête du Parti libéral du Canada. Je crois que cela signifie à toutes fins pratiques la mort de la coalition. Même si Ignatieff a pu dire qu’il entendait respecter l’accord de coalition, il a dit également du même souffle qu’il attendrait de voir le budget avant de voter contre. Connaissant le flair politique habituel de Stephen Harper (même s’il l’avait mis de côté dernièrement), le chef du PC saisira sûrement l’occasion pour donner quelques peanuts aux libéraux pour qu’il puisse les mettre dans sa petite poche. Tout le monde sait qu’Ignatieff est bien plus préoccupé à tenter de rebâtir son parti, trouver des fonds et se faire une image publique de chef qu’à gouverner le Canada avec des « socialistes » et des « séparatisses ». Les rapports de force viennent donc de changer et, à court terme, cela ne favorise pas le maintien de cette coalition somme toute hétéroclite. Ignatieff se rendrait vulnérable en dirigeant cette coalition. Il sait qu’il lui serait préférable d’attendre 6 mois à 1 an, ensuite défaire Harper et aller en élections générales afin de s’emparer du pouvoir « légalement ». (Il faut toutefois noter la démagogie à ce propos. Il aurait été tout à fait légal et constitutionnel que les partis d’opposition prennent le pouvoir. La démocratie parlementaire fonctionne ainsi : les citoyens élisent un député, qui se présente la plupart du temps sous la bannière d’un parti, et non un premier ministre, et ce député fait ce qu’il veut ensuite. S’il veut changer de parti, personne ne peut l’en empêcher. S’il veut joindre les rangs d’une coalition, il a les mains libres.)

La guerre de l’opinion publique est déclenchée entre le Journal de Montréal et ses employés syndiqués. Le syndicat affirme avoir un bon butin de guerre et accuse son employeur d’être intransigeant et d’avoir préparé le futur lockout en engageant depuis plusieurs mois des cadres et des employés non-syndiqués. L’employeur renvoie l’accusation d’intransigeance au syndicat et dit que son torchon doit devenir un journal moderne pour être en mesure d’affronter la crise économique. (C'est cocasse de voir à quel point les arguments de l’employeur sont semblables à la rhétorique de presque tous les partis de droite.) Le fossé semble immense et l’employeur décidera fort probablement de mettre ses employés en lockout au mois de janvier, alors qu’expirera la convention collective. Le syndicat disposera toutefois d’un argument juridique pour tenter de limiter les excès de Quebecor. La Commission des relations du travail a rendu cette semaine une décision blâmant le Journal de Québec pour leur embauche de briseurs de grèves dans leur plus récent conflit. Cette décision crée un précédent favorable au syndicat dans sa future bataille. Souhaitons qu’il puisse résister à la machine de Quebecor, qui ne lui fera pas de cadeau. La plupart des filiales de l’empire traînent de la patte et la panique semble s’installer dans l’entreprise. Nous verrons comment elle réagira dans ce conflit.

Question de s'acharner encore un peu plus sur ces pleutres, TQS descend très bas dans sa tentative de récupérer son auditoire perdu et de se repositionner dans le marché télévisuel. Vous pouvez aller jeter un coup d'oeil aux nouveaux projets plus que ridicules de la chaîne des frères Rémillard, qui devrait sérieusement se faire enlever sa licence de télévision généraliste pour s'en faire donner une de "télé-poubelle" (je sais que ça n'existe pas, mais le CRTC pourrait l'inventer pour s'adapter à l'évolution de TQS).

Pour finir sur une note musicale, j’ai découvert cette semaine le groupe rock français BB Brunes. Ils sont les nouveaux enfants terribles du rock français et ne laissent personne indifférent. Ils ont eu un gros succès en France avec leur premier album, qui est sorti au Québec dernièrement. Ils ont un son lourd, des paroles souvent candides ou légères, provocantes à l’occasion. Mais l’énergie du groupe est contagieuse et je vous invite donc à les découvrir, ça en vaut la peine.
Joyeuses fêtes à tous!

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