Bonsoir chers lecteurs, j’avais le goût de vous entretenir de quelques sujets dignes d'intérêt en ce lundi soir automnal.
Premièrement, comment ne pas en parler, Barack Obama deviendra-t-il le prochain président des États-Unis d’Amérique (ça sonne mieux en anglais : « the next president of the United States of America »)? Bonne question. Selon les sondages, oui, et même relativement facilement. Mais selon certains ouï-dire, une majorité d’électeurs mentiraient aux sondeurs, faussant ainsi les données. Dur à dire, donc. Une chose est certaine cependant, Barack Obama ne transformerait pas les États-Unis. Son élection à la place du sinistre John McCain éviterait sûrement une misérable guerre contre l’Iran ou quelque moyenne puissance, mais elle ne signifierait pas non plus un changement radical de politique étrangère. Le lobby juif continuerait de faire pression en faveur d’un appui à Israël et le terrorisme serait toujours vu comme la plus grande menace qui soit. Obama empêchera peut-être une nouvelle guerre froide de voir le jour, quoique certaines âmes malveillantes pourraient profiter de sa légère ouverture pour tenter de prendre aux États-uniens ce que ces derniers leur ont pris et certains radicaux États-uniens critiqueraient violemment Obama. Le dilemme est là et je ne crois pas qu’Obama pourra vraiment y changer quoique ce soit, surtout en temps de crise financière. Et le « Yankees go home! » entendu un peu partout à propos de l’Irak ne se concrétisera pas de sitôt. À l’intérieur, il est difficile de croire qu’Obama enclenchera de grandes réformes. Les lobbys ont financé sa campagne à coups de millions; le laisseront-ils agir à sa guise et dans le sens d’une plus grande justice sociale, donc d’une réduction des profits des entreprises? Il y a matière à en douter.
En haut du 45e parallèle, nous attendons la confirmation d’une élection provinciale qui s’annonce haute en couleurs (!), parlez-en à Mario Dumont. Personnellement, je n’ai aucun problème avec deux élections successives et je ne comprends pas ceux qui se plaignent, à part que ça engouffre des fonds publics de manière éhontée (parole d’ancien employé d’Élections Canada). Les campagnes électorales sont les seuls moments excitants dans le monde politique, à part les temps de crise. On peut donc se réjouir, et quand on est tannés, on change de poste, de pays, de planète ou de galaxie. Mais en même temps, le prétexte pour déclencher des élections est très douteux et alimente le cynisme populaire. Manœuvre politicienne, le timing est judicieux pour un Jean Charest tout en rondeurs qui espère agrandir son cercle de députés. S’il demeure minoritaire, là il aura perdu son pari. Je crois plus cependant qu’il veut rayer de la carte politique l’ADQ, ces empêcheurs de tourner en rond qui ont emmerdé Monsieur le Premier ministre et sa non moins honorable équipe.
Autre sujet ayant trait à la politique : avez-vous eu la « chance » d’écouter l’ineffable André Arthur à son émission du midi, de 11h30 à 13h, sur les ondes de TQS? C'est d’un ridicule consommé. S’il voulait nous faire aimer la ville de Québec, c’est raté. S’il voulait nous faire mépriser les réactionnaires de Québec qui votent ADQ et Conservateur et qui idolâtrent la radio-poubelle de Jeff Filion et André Arthur, c’est réussi. C'est petit comme émission : petit budget, petite culture, petite intelligence. Seul le salaire de l’animateur ne doit pas être petit, avec ses 150 000$ de député fédéral qu’il reçoit annuellement en plus. J’ai juste hâte de voir son émission animée en direct d’Ottawa lorsque reprendront les travaux parlementaires aux Communes. Et ses nœuds papillons sont horribles. Il tente de faire un Don Cherry de lui-même. Les sujets tournent toujours autour des mêmes thèmes ou ramènent toujours aux mêmes leçons débilitantes et simplistes à l’extrême : le peuple de Québec est dont bon comparé aux snobs de Montréal et du Plateau, le gouvernemaman est dont partout avec sa propagande. C'est d’une étroitesse d’esprit à faire pleurer. Et à faire rire aussi, vous irez un jeter un coup d’œil.
Parlant de pourriture, je reçois gratuitement depuis une semaine et pour encore une autre semaine le merveilleux Journal de Mourial. Moi qui n’ai pas souvent eu la chance de lire (plutôt regarder) ce que ce journal offre à beaucoup trop de Québécois, je peux donc critiquer en connaissance de cause. Voici quelques éléments généraux : textes trop courts, contenu insipide, aucune contextualisation, trop d’images, sensationnalisme crasse, publicité envahissante, convergence à son mieux. Il faut chercher longtemps pour avoir de la bonne information. Les premières pages ne sont que des faits divers où les meilleurs journalistes sont dépêchés pour savoir si ça fait de la grosse peine à la maman que son fils se soit fait écrasé par un maudit chauffard. On n’a pas besoin de le lire, on s’en doute déjà. Et ils nous le montrent en plus! Les chroniqueurs remontent légèrement le niveau du contenu, quoique très peu. L’espace qui leur est accordé est ridicule et ne permet pas de développer grand-chose, restant ainsi en surface. Et ne parlons pas de l’information internationale, il n’y en a pas. À part l’élection états-unienne, parce que c'est à la mode d’en parler, il faut chercher entre les publicités les rares et courtes dépêches d’agences concernant les quelques explosions d’Irakiens ou de « Tamouls » qui constituent le gros de l’information, si c'est bien de l’information. C'est inquiétant qu’un tel journal soit aussi « lu ». On peut se demander ce que cela donne en terme de politisation et de culture. C'est peut-être bien divertissant et facile à lire, mais je cherche toujours comment ce torchon peut former des citoyens.
Changement de sujet : je suis en train de lire, à temps perdu, un petit roman de Frédéric Beigbeder, l’auteur du roman 99F, son œuvre la plus connue et qui a été portée au grand écran récemment. Le livre s’intitule L’amour dure trois ans. Cet auteur est d’un cynisme désopilant et a le sens de la formule choc. C'est vraiment délicieux à lire. Je vous en partagerai d’ailleurs les meilleurs phrases quand j’aurai fini de le lire, ça vaut la peine.
En terminant, j’ai un dernier petit coup de gueule contre les ramasseurs de feuilles nouvelle génération. Dans mon jeune temps, on appelait cela un râteau. Aujourd’hui, c’est un petit gadget qui fonctionne, je crois, à l’électricité et qui fait un vacarme désagréable. C'est un signe de plus de la paresse toute occidentale qui mènera le monde à sa perte. Au lieu de se mettre en forme en râtelant, on emmerde les voisins et on consomme de l’énergie (pas grave, c’est pas cher au Québec!) avec ce petit objet qui pousse les feuilles en tas et démontre notre paresse. Plusieurs gens de mon voisinage ont cela et ça m’irrite sérieusement. Mais ça ne battra pas le petit monsieur que j’ai vu cet été. Le bachi-bouzouk arrosait ses plantes avec un parapluie. Oui, il arrosait ses plantes alors qu’il pleuvait! Pas fort. Ça fait désespérer de la race humaine.
Sur ce, bonne semaine et à bientôt!
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