Bonsoir à tous (vous deux en fait, plus ma plante verte surnommée Béatrice et mon chien Coco), après 8 jours d’absence, je suis enfin de retour à votre plus grand plaisir. Je ne m’étendrai pas en conjectures comme je l’ai fait la semaine dernière. Je suis ici simplement pour vous partager, comme prévu, des extraits du corrosif roman de Frédéric Beigbeder, auteur français, intitulé L’amour dure trois ans.
Avant de procéder, un petit mot concernant l’actualité, et son plus triste acteur : et j’ai nommé l’ineffable Mario Dumont. Il tombe dans la démagogie la plus pure. En fait, il revient aux sources de l’ADQ, à l’époque où Mario Dumont était le seul député de ce parti et jouait aux Power Rangers à l’Assemblée nationale (clin d’œil à RBO). Parmi ses propositions les plus exaspérantes : privatiser une partie d’Hydro-Québec, sinon tout; abolir les nouveaux cours d’Étique et culture religieuse; construire un nouvel aréna à Québec, terminer la « réingénierie » de l’État québécois que Jean Charest n’a pas eu le « courage » de mener à terme, et j’en oublie sûrement d’autres aussi farfelues les unes que les autres. Vivement que ce politicien soit relégué aux banquettes arrières avant qu’il ne dilapide nos acquis sociaux et ruine ce qui reste du « modèle québécois », bien que ce dernier ne soit pas parfait non plus. Il se tire dans le pied avec cette stratégie qui vire toujours plus à droite. Paraîtrait qu’il veut garder sa base adéquiste afin de sauver les dégâts. Bonne chance, Mario.
Maintenant, voici les phrases qui m’ont fait sourire, rire ou réfléchir. Je ne suis pas d’accord avec toutes, et je suis certain que Beigbeder aussi nuancerait certains de ses propos, mais le mérite de pousser parfois à l’extrême est de nous forcer à nous questionner. Les numéros de page sont de la version de poche, chez Folio, pour ceux qui douteraient de la véracité de mes citations. J’ai tenté de ne pas trop en mettre, mais une chance que le roman ne fait que 194 pages...
- Les fêtes ont été données à l’homme pour lui permettre de cacher sa pensée. p. 18
- On dit souvent qu’« il faut sauver les apparences ». Moi je dis qu’il faut les assassiner car c'est le seul moyen d’être sauvé. 23
- La première année, on dit : « Si tu me quittes, je me TUE. » La seconde année, on dit : « Si tu me quittes, je souffrirai mais je m’en remettrai. » La troisième année, on dit : « Si tu me quittes, je sabre le champagne. » 27-28
- La société vous trompe : elle vous vend le grand amour alors qu’il est scientifiquement démontré que ces hormones cessent d’agir après trois années. 28
- La vérité est toujours décevante, c'est pourquoi tout le monde ment. 39
- Car c’est soi-même que l’on abîme le plus, quand on fait souffrir quelqu’un. 41
- Le divorce est un dépucelage mental. […] ce genre de désastres […] sont les seuls événements qui nous apprennent à devenir des hommes. 44
- Quand on a tout trop tôt, on finit par espérer un désastre, en guise de délivrance. 47
- La seule question en amour, c’est : à partir de quand commence-t-on à mentir? 53
- C'est donc cela, la vie d’adulte : construire des châteaux de sable, puis sauter dessus à pieds joints, et recommencer l’opération, encore et encore, alors qu’on sait bien que l’océan les aurait effacés de toute façon? 61
- L’amour est la seule déception programmée, le seul malheur prévisible dont on redemande. 68
- Aimer quelqu’un qui vous aime aussi, c’est du narcissisme. Aimer quelqu’un qui ne vous aime pas, ça, c’est de l’amour. 69
- Tout le problème de l’amour, me semble-t-il, est là : pour être heureux on a besoin de sécurité alors que pour être amoureux on a besoin d’insécurité. 79
- Il est exaspérant de s’apercevoir que l’on a les mêmes interrogations que tout le monde. C'est une leçon de modestie. 84
- Et puis il y a ce monstrueux concept refroidisseur, le plus puissant somnifère jamais inventé : le Devoir Conjugal. 102
- Au XXe siècle, l’amour est un téléphone qui ne sonne pas. 110
- Être seul est devenu une maladie honteuse. Pourquoi tout le monde fuit-il la solitude? Parce qu’elle oblige à penser. […] Or plus on pense, plus on est intelligent, donc plus on est triste. 111
- L’amour est incompréhensible. Quand on le voit chez les autres on est incapable de le comprendre, et encore moins quand il vous arrive. 118-119
- Les riches d’aujourd’hui ont oublié que l’argent est un moyen, non une fin. 127
- Ceux qui ont peur de la mort ne sont pas des gens curieux. 141
- Être amoureux, c’est cela : un mal de ventre dont le seul remède, c’est toi. 144
- L’amour est le problème des gens qui n’ont pas de problème. 148
- Mais si tu veux [que l’amour] dure, je crois qu’il faut apprendre à s’ennuyer bien. […] Ce qu’il faut, c’est chercher l’ennui, comme ça tu seras toujours surpris de ne pas te faire chier. 151
- Le bonheur est bien plus effrayant que le malheur. 175
- Donner naissance à quelqu’un dans un monde pareil? Criminel! Égoïste! Narcissique! 177
- Pour mener l’être humain vers la civilisation, il a fallu quelques millions d’années, alors que le retour au Néandertal prend moins d’une semaine. 180
- Pour que l’amour dure toujours, il suffit de vivre hors du temps. C'est le monde moderne qui tue l’amour. 182
- On bâtit des murs pour se protéger, mais ce sont ces murs qui un jour deviennent une prison. 187
- On est amoureux le jour où l’on met du dentifrice sur une autre brosse à dents que la sienne. 188
- Surtout, j’ai appris que pour être heureux, il faut avoir été malheureux. 188
- Pour aimer quelqu’un d’autre, il faut d’abord s’aimer soi-même.191
- Plutôt que de se poser la question de la durée d’un amour, profiter de l’instant présent est-il le meilleur moyen de le prolonger? 192
Avant de quitter, je vais vous laisser quelques phrases du roman que j’ai récemment entamé, Au secours pardon, toujours de Beigbeder. C'est en fait la suite de 99F, où l’on suit les aventures du terrible Octave. L’édition est celle de poche, publiée chez Le Livre de poche.
- Qu’est-ce que le fascisme cosmétique féminin? C'est la fusion d’une chef, mondiale, et d’un peuple féminin, mondial, dans un projet totalement paradoxal, et, partant, fascinant : chacune ne deviendra elle-même que si elle ressemble à la chef. p. 13
- Auparavant, comme tout le monde, je faisais semblant d’être normal. La vraie folie surgit quand cesse la comédie sociale. 23
- Aujourd’hui, toutes les femmes sont belles au premier regard. Parce qu’elles savent toutes cacher leurs défauts. 41
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