samedi 29 novembre 2008

Actualité chargée

Je voulais vous parler de quelques sujets d’actualité, qui est très féconde ces jours-ci.
Avant de commencer, je tiens à préciser que vous devrez maintenant m’appeler « Monsieur » quand vous communiquerez avec moi, puisque je suis officiellement bachelier ès arts de science politique. J’ai en effet reçu par la poste, ce jeudi, mon diplôme. La grève de l’hiver dernier a retardé l’envoi de ce bout de papier, mais maintenant je l’ai. Voilà pour cela.
Ça brasse au fédéral. Stephen Harper a même dû retarder d’une semaine le vote de confiance initialement prévu pour lundi le 1er décembre (fête de mon frangin). Ce sera donc le 8 décembre, jour d’élection provinciale. Grosse journée en vue. On parle maintenant d’une coalition PLC-NPD avec l’appui tacite du Bloc, puisque les deux partis n’auraient pas assez de sièges pour avoir une majorité, et même une minorité. Harper parle presque de « coup d’État ». Certes, ces partis n’ont pas eu le « mandat » de gouverner, mais face aux mesures illégitimes et anti-démocratiques exposées dans l’énoncé économique, ces partis ont raison de se retourner contre le parti au pouvoir. Couper le financement public des partis ne peut être qu’une mesure bassement partisane visant à couper tout financement aux partis. Le Parti conservateur est autrement plus riche que ses concurrents et profiterait le plus de cette mesure. Et qu’il ne nous dise que c'est pour sauver un gros 30 millions. Sur un budget de 250 milliards, c'est bien peu. Harper nous a donc livré un discours larmoyant, lui qui craint pour son gouvernement actuel… mais qui voudrait bien d’une nouvelle élection pour obtenir finalement un gouvernement majoritaire afin d’achever les autres partis. Ce sera intéressant de surveiller les développements des prochaines semaines (cela confirme ce que je croyais : les moments de crise de toute sorte sont les épisodes les plus intéressants pour quiconque s’intéresse à la joute politique, quoiqu’en dise Jean Charest).
Par ailleurs, c’était une journée meurtrière aux États-Munis d’Amiriches hier. Des clients en furie ont piétiné un « associé » d’un Wal-Mart new-yorkais à l’ouverture très matinale en cette fin de semaine d’Action de grâces, qui marque le début du magasinage des fêtes. Je crois qu’il n’y a pas autre chose à rajouter. Ça fait pitié et ça rejoint ce dont je parlais dans mon dernier envoi concernant la surconsommation.
Toujours aux États-Unis, une 2e élection historique a eu lieu le 4 novembre dernier : un(e) maire(sse) transsexuel a été élu dans une petite ville de l’Oregon, Silverton. Plutôt inusité dans un pays conservateur.
De l’autre côté de la planète, se tient en Russie une « foire des millionnaires » où des ultras riches vont flasher et faire un pied de nez à la crise économique et à toutes ces personnes qui ont perdu leur emploi ou vont le perdre. Une élite fortunée vit vraiment en retrait des bouleversements qui affectent le commun des mortels. Ils sont à l’écart des fluctuations de la Bourse, et même si leurs titres baissent un peu, ils ont des économies qui sont transmises de génération en génération. C'est souvent ainsi que fonctionne la richesse. C'est surtout indécent dans un pays comme la Russie (pas seulement en Russie non plus), où, malgré le boom économique des dernières années, les inégalités de revenus sont énormes et où beaucoup d’individus vivent dans des conditions de vie difficiles.
Finalement, cela semble se confirmer de plus en plus : une grève devrait éclater dès le mois de janvier au Journal de Montréal. Le syndicat et la partie patronale ne s’entendent pas sur des points cruciaux et l’écart serait très grand, voire insurmontable. Au cœur des différends, il y a la convergence et la semaine de travail. L’employeur voudrait que les journalistes travaillent plus, faisant passer leur semaine de travail de 32 à 37 heures et graduellement de 4 à 5 jours par semaine, le syndicat craignant qu’à terme des postes soient éliminés. La convergence est un sujet aussi épineux et controversé. Les journalistes sont de plus en plus embarrassés (je les comprends et je le serais à moins…) de devoir parler de Star académie et des autres produits de l’empire Quebecor. L’empire imposerait aussi sa ligne éditoriale aux journalistes. Les démentis de l’employeur ne sont toutefois pas très convaincants. On se dirige vers un conflit semblable à celui qui a eu cours au Journal de Québec et qui a duré plus d’un an. PKP veut tout simplement briser le syndicat pour lui imposer sa manière de faire et de voir. Ce n’est pas pour rien qu’il s’implique maintenant plus directement dans la gestion de Quebecor Media. Une grève peut toutefois être dommageable pour un journal. Le Journal de Montréal était d’ailleurs né au moment d’une grève à La Presse en 1964. Pierre Péladeau en avait profité pour ravir des lecteurs au quotidien montréalais. Le contexte est toutefois bien différent aujourd’hui. La convergence peut justement permettre de continuer à publier un contenu insipide mais qui satisfera les exigences des lecteurs assidus. Quebecor détient le journal gratuit 24 heures et pourrait ainsi s’en servir et reproduire une partie de son contenu. L’empire détient aussi d’autres journaux anglophones, avec sa filiale Corporation Sun Media, notamment le quotidien Toronto Sun. Un autre dossier à suivre.

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