Je voulais vous parler de quelques sujets d’actualité, qui est très féconde ces jours-ci.
Avant de commencer, je tiens à préciser que vous devrez maintenant m’appeler « Monsieur » quand vous communiquerez avec moi, puisque je suis officiellement bachelier ès arts de science politique. J’ai en effet reçu par la poste, ce jeudi, mon diplôme. La grève de l’hiver dernier a retardé l’envoi de ce bout de papier, mais maintenant je l’ai. Voilà pour cela.
Ça brasse au fédéral. Stephen Harper a même dû retarder d’une semaine le vote de confiance initialement prévu pour lundi le 1er décembre (fête de mon frangin). Ce sera donc le 8 décembre, jour d’élection provinciale. Grosse journée en vue. On parle maintenant d’une coalition PLC-NPD avec l’appui tacite du Bloc, puisque les deux partis n’auraient pas assez de sièges pour avoir une majorité, et même une minorité. Harper parle presque de « coup d’État ». Certes, ces partis n’ont pas eu le « mandat » de gouverner, mais face aux mesures illégitimes et anti-démocratiques exposées dans l’énoncé économique, ces partis ont raison de se retourner contre le parti au pouvoir. Couper le financement public des partis ne peut être qu’une mesure bassement partisane visant à couper tout financement aux partis. Le Parti conservateur est autrement plus riche que ses concurrents et profiterait le plus de cette mesure. Et qu’il ne nous dise que c'est pour sauver un gros 30 millions. Sur un budget de 250 milliards, c'est bien peu. Harper nous a donc livré un discours larmoyant, lui qui craint pour son gouvernement actuel… mais qui voudrait bien d’une nouvelle élection pour obtenir finalement un gouvernement majoritaire afin d’achever les autres partis. Ce sera intéressant de surveiller les développements des prochaines semaines (cela confirme ce que je croyais : les moments de crise de toute sorte sont les épisodes les plus intéressants pour quiconque s’intéresse à la joute politique, quoiqu’en dise Jean Charest).
Par ailleurs, c’était une journée meurtrière aux États-Munis d’Amiriches hier. Des clients en furie ont piétiné un « associé » d’un Wal-Mart new-yorkais à l’ouverture très matinale en cette fin de semaine d’Action de grâces, qui marque le début du magasinage des fêtes. Je crois qu’il n’y a pas autre chose à rajouter. Ça fait pitié et ça rejoint ce dont je parlais dans mon dernier envoi concernant la surconsommation.
Toujours aux États-Unis, une 2e élection historique a eu lieu le 4 novembre dernier : un(e) maire(sse) transsexuel a été élu dans une petite ville de l’Oregon, Silverton. Plutôt inusité dans un pays conservateur.
De l’autre côté de la planète, se tient en Russie une « foire des millionnaires » où des ultras riches vont flasher et faire un pied de nez à la crise économique et à toutes ces personnes qui ont perdu leur emploi ou vont le perdre. Une élite fortunée vit vraiment en retrait des bouleversements qui affectent le commun des mortels. Ils sont à l’écart des fluctuations de la Bourse, et même si leurs titres baissent un peu, ils ont des économies qui sont transmises de génération en génération. C'est souvent ainsi que fonctionne la richesse. C'est surtout indécent dans un pays comme la Russie (pas seulement en Russie non plus), où, malgré le boom économique des dernières années, les inégalités de revenus sont énormes et où beaucoup d’individus vivent dans des conditions de vie difficiles.
Finalement, cela semble se confirmer de plus en plus : une grève devrait éclater dès le mois de janvier au Journal de Montréal. Le syndicat et la partie patronale ne s’entendent pas sur des points cruciaux et l’écart serait très grand, voire insurmontable. Au cœur des différends, il y a la convergence et la semaine de travail. L’employeur voudrait que les journalistes travaillent plus, faisant passer leur semaine de travail de 32 à 37 heures et graduellement de 4 à 5 jours par semaine, le syndicat craignant qu’à terme des postes soient éliminés. La convergence est un sujet aussi épineux et controversé. Les journalistes sont de plus en plus embarrassés (je les comprends et je le serais à moins…) de devoir parler de Star académie et des autres produits de l’empire Quebecor. L’empire imposerait aussi sa ligne éditoriale aux journalistes. Les démentis de l’employeur ne sont toutefois pas très convaincants. On se dirige vers un conflit semblable à celui qui a eu cours au Journal de Québec et qui a duré plus d’un an. PKP veut tout simplement briser le syndicat pour lui imposer sa manière de faire et de voir. Ce n’est pas pour rien qu’il s’implique maintenant plus directement dans la gestion de Quebecor Media. Une grève peut toutefois être dommageable pour un journal. Le Journal de Montréal était d’ailleurs né au moment d’une grève à La Presse en 1964. Pierre Péladeau en avait profité pour ravir des lecteurs au quotidien montréalais. Le contexte est toutefois bien différent aujourd’hui. La convergence peut justement permettre de continuer à publier un contenu insipide mais qui satisfera les exigences des lecteurs assidus. Quebecor détient le journal gratuit 24 heures et pourrait ainsi s’en servir et reproduire une partie de son contenu. L’empire détient aussi d’autres journaux anglophones, avec sa filiale Corporation Sun Media, notamment le quotidien Toronto Sun. Un autre dossier à suivre.
samedi 29 novembre 2008
mercredi 26 novembre 2008
Phobies et folies...
Après 15 jours d’absence sur ce blog, je jugeais le fruit mûr, la pelure molle, la croûte tendre, ou ce que vous voulez. Non pas que je n’avais rien à dire, mais disons que j’étais occupé et que je ne prenais pas le temps d’écrire un petit quelque chose. Mais ce soir, je me déverse.
Pour continuer dans le champ lexical du dernier mot du paragraphe précédent, je suis atterri ce matin sur un site que je pourrais qualifier de rigolo. Pour vous expliquer le pourquoi de cette découverte fortuite, je lisais le roman Au secours pardon, de Frédéric Beigbeder, et il parlait de « dacryphilie ». Ne cherchez pas ce mot dans Le Petit Robert, il n’y est pas. Dans son passage passablement troublant, Beigbeder disait que ce mot signifie « l’érotisme des larmes ». Par curiosité, j’ai googlé dacryphilie et voilà, j’ai ouvert la page suivante : http://www.follerie.com/forum4/viewtopic.php?p=88259&sid=05a122b37c05c0722d85b4d297546776. C'est sur le site de follerie.com, et cette page dresse la liste presque complète des déviances sexuelles. Certaines font peur et font froid dans le dos. Voici une liste incomplète de celles qui me semblent les plus inusitées (vous irez voir sur le site pour obtenir la définition) : alektotophilie, actirastie, adamitisme, alliumphilie, antiophilie, botulinonie, chionophilie (c'est d’actualité), emétophilie, eproctophilie, keraunophilie, méchanophilie, nécrodendrophilie, nosophilie, péniaphilie, phthiriophilie, toxiphilie, vaccinophilie. Je vous avertis cependant que certaines des déviances sont répugnantes, en plus de celles déjà connues, comme la pédophilie ou autres. C'est quand même difficile de retenir un fou rire en lisant ces descriptions et de croire que certaines personnes font vraiment ces choses. (Le moment est donc opportun pour moi de vous dire que je suis normal, c’est par simple plaisanterie que je vous parle de cela!!)
Je peux aussi vous suggérer un lien sur des phobies « régulières » : http://www.emetophobie.net/Liste-des-Phobies.php. La liste est longue, et c’est quand même troublant de savoir qu’autant de gens peuvent avoir peur d’autant de choses. Je suis tout de même certain que chaque individu doit avoir au moins une phobie. Si ça vous dit, vous me ferez part de la vôtre (ou des vôtres). Pour ma part, je crois que je souffre peut-être (après avoir seulement consulté l’index de la lettre A…) d’acrophobie et d’amychophobie, bien que qualifier ces peurs de « phobies », au sens plein du terme, soit exagéré.
Sur un autre registre, le débat des chefs d’hier soir a été soporifique et surtout cacophonique. Je ne l’ai pas écouté au complet, je le confesse. Je n’étais plus capable d’entendre ces trois chefs ne pas nous parler de leurs « projets », se contentant de descendre l’autre et de dire que le député back bencher dont tout le monde se fout, sauf ses 14 électeurs ruraux (pardonnez mon mépris), a applaudi une mesure de l’autre parti. L’art d’esquiver les questions en relançant la question à l’adversaire est un préalable (et non prérequis, ce mot est un anglicisme) pour être politicien, et on en a eu une autre belle démonstration hier soir. Le cynisme de ces politiciens fait peur et augure mal pour l’avenir du Québec. C’était d’ailleurs le dernier thème abordé, et pas grand-chose d’intéressant a été avancé, sinon qu’« il fallait se sortir de la crise ». Belle observation mon cher.
La grande absente de ce débat, selon moi, était Françoise David, chef de Québec solidaire. Elle s’est invitée au débat du mieux qu’elle a pu, en mettant en ligne en temps réel ses commentaires et contre-propositions à propos de ce que les autres chefs disaient. Je vous invite à aller y jeter un coup d’œil, ce n’est pas dénué d’intérêt : http://www.francoisedavid.com/. 30 000 citoyens sont tout de même allés visiter le site durant la soirée, c’est presque autant que les 2 millions d’auditeurs du « vrai » débat…
Décidément, la campagne ne lèvera pas après cette autre preuve que l’élection était superflue et sans enjeu sérieux. Le seul Jean Charest voulait cette élection, et seulement pour avoir une majorité. Souhaitons qu’il ne l’ait pas. Cela dit, Mario Dumont est peut-être le seul qui a réussi à véhiculer un semblant d’idées ou à se démarquer un tant soit peu des deux autres. Ses propositions sont toutefois très inquiétantes, comme cette idée de privatiser une partie d’Hydro-Québec, comme ça on pourra payer l’électricité au prix du marché, avec une hausse d’environ 70%! Ce qui effraie le plus dans le style politique que Dumont se donne, c'est son ton populiste, sa promesse de « changements » soi-disant populaires, alors que la plupart de ses politiques ne feraient que favoriser une minorité de personnes bien nanties. À moins de ne pas avoir compris les mathématiques élémentaires et de ne pas avoir saisi l’avidité de la majorité des gens d’affaires, je ne vois pas comment des privatisations peuvent aider la population et tendre vers le bien commun. Il faudrait que Mario me l’explique à nouveau, de manière simple cependant, on aime mieux ça comme ça!
Un petit rappel en finissant : samedi le 29 novembre sera la Journée sans achat. Bien que cette période de l’année marque le temps où le consumérisme effréné se déchaîne en vu de « fêter » Noël (si Jésus savait ce qu’on fait de sa fête…), il est possible pendant au moins une journée de ne pas aller dans les centres d’achat qui pullulent partout. Ce n'est pas tellement mieux si on se lance au magasinage la journée suivante, mais c’est déjà un début. Bref, pensez tout de même au problème environnemental et sociétal de la surconsommation en faisant vos emplettes estivales. Je vous donne aussi l’adresse d’un site pour avoir un peu plus d’information à ce sujet : http://www.casseursdepub.org/.
Bon, assez jasé, je retourne à mes études. Plus que deux semaines! À bientôt.
Pour continuer dans le champ lexical du dernier mot du paragraphe précédent, je suis atterri ce matin sur un site que je pourrais qualifier de rigolo. Pour vous expliquer le pourquoi de cette découverte fortuite, je lisais le roman Au secours pardon, de Frédéric Beigbeder, et il parlait de « dacryphilie ». Ne cherchez pas ce mot dans Le Petit Robert, il n’y est pas. Dans son passage passablement troublant, Beigbeder disait que ce mot signifie « l’érotisme des larmes ». Par curiosité, j’ai googlé dacryphilie et voilà, j’ai ouvert la page suivante : http://www.follerie.com/forum4/viewtopic.php?p=88259&sid=05a122b37c05c0722d85b4d297546776. C'est sur le site de follerie.com, et cette page dresse la liste presque complète des déviances sexuelles. Certaines font peur et font froid dans le dos. Voici une liste incomplète de celles qui me semblent les plus inusitées (vous irez voir sur le site pour obtenir la définition) : alektotophilie, actirastie, adamitisme, alliumphilie, antiophilie, botulinonie, chionophilie (c'est d’actualité), emétophilie, eproctophilie, keraunophilie, méchanophilie, nécrodendrophilie, nosophilie, péniaphilie, phthiriophilie, toxiphilie, vaccinophilie. Je vous avertis cependant que certaines des déviances sont répugnantes, en plus de celles déjà connues, comme la pédophilie ou autres. C'est quand même difficile de retenir un fou rire en lisant ces descriptions et de croire que certaines personnes font vraiment ces choses. (Le moment est donc opportun pour moi de vous dire que je suis normal, c’est par simple plaisanterie que je vous parle de cela!!)
Je peux aussi vous suggérer un lien sur des phobies « régulières » : http://www.emetophobie.net/Liste-des-Phobies.php. La liste est longue, et c’est quand même troublant de savoir qu’autant de gens peuvent avoir peur d’autant de choses. Je suis tout de même certain que chaque individu doit avoir au moins une phobie. Si ça vous dit, vous me ferez part de la vôtre (ou des vôtres). Pour ma part, je crois que je souffre peut-être (après avoir seulement consulté l’index de la lettre A…) d’acrophobie et d’amychophobie, bien que qualifier ces peurs de « phobies », au sens plein du terme, soit exagéré.
Sur un autre registre, le débat des chefs d’hier soir a été soporifique et surtout cacophonique. Je ne l’ai pas écouté au complet, je le confesse. Je n’étais plus capable d’entendre ces trois chefs ne pas nous parler de leurs « projets », se contentant de descendre l’autre et de dire que le député back bencher dont tout le monde se fout, sauf ses 14 électeurs ruraux (pardonnez mon mépris), a applaudi une mesure de l’autre parti. L’art d’esquiver les questions en relançant la question à l’adversaire est un préalable (et non prérequis, ce mot est un anglicisme) pour être politicien, et on en a eu une autre belle démonstration hier soir. Le cynisme de ces politiciens fait peur et augure mal pour l’avenir du Québec. C’était d’ailleurs le dernier thème abordé, et pas grand-chose d’intéressant a été avancé, sinon qu’« il fallait se sortir de la crise ». Belle observation mon cher.
La grande absente de ce débat, selon moi, était Françoise David, chef de Québec solidaire. Elle s’est invitée au débat du mieux qu’elle a pu, en mettant en ligne en temps réel ses commentaires et contre-propositions à propos de ce que les autres chefs disaient. Je vous invite à aller y jeter un coup d’œil, ce n’est pas dénué d’intérêt : http://www.francoisedavid.com/. 30 000 citoyens sont tout de même allés visiter le site durant la soirée, c’est presque autant que les 2 millions d’auditeurs du « vrai » débat…
Décidément, la campagne ne lèvera pas après cette autre preuve que l’élection était superflue et sans enjeu sérieux. Le seul Jean Charest voulait cette élection, et seulement pour avoir une majorité. Souhaitons qu’il ne l’ait pas. Cela dit, Mario Dumont est peut-être le seul qui a réussi à véhiculer un semblant d’idées ou à se démarquer un tant soit peu des deux autres. Ses propositions sont toutefois très inquiétantes, comme cette idée de privatiser une partie d’Hydro-Québec, comme ça on pourra payer l’électricité au prix du marché, avec une hausse d’environ 70%! Ce qui effraie le plus dans le style politique que Dumont se donne, c'est son ton populiste, sa promesse de « changements » soi-disant populaires, alors que la plupart de ses politiques ne feraient que favoriser une minorité de personnes bien nanties. À moins de ne pas avoir compris les mathématiques élémentaires et de ne pas avoir saisi l’avidité de la majorité des gens d’affaires, je ne vois pas comment des privatisations peuvent aider la population et tendre vers le bien commun. Il faudrait que Mario me l’explique à nouveau, de manière simple cependant, on aime mieux ça comme ça!
Un petit rappel en finissant : samedi le 29 novembre sera la Journée sans achat. Bien que cette période de l’année marque le temps où le consumérisme effréné se déchaîne en vu de « fêter » Noël (si Jésus savait ce qu’on fait de sa fête…), il est possible pendant au moins une journée de ne pas aller dans les centres d’achat qui pullulent partout. Ce n'est pas tellement mieux si on se lance au magasinage la journée suivante, mais c’est déjà un début. Bref, pensez tout de même au problème environnemental et sociétal de la surconsommation en faisant vos emplettes estivales. Je vous donne aussi l’adresse d’un site pour avoir un peu plus d’information à ce sujet : http://www.casseursdepub.org/.
Bon, assez jasé, je retourne à mes études. Plus que deux semaines! À bientôt.
mardi 11 novembre 2008
L'amour ne dure pas vraiment trois ans
Bonsoir à tous (vous deux en fait, plus ma plante verte surnommée Béatrice et mon chien Coco), après 8 jours d’absence, je suis enfin de retour à votre plus grand plaisir. Je ne m’étendrai pas en conjectures comme je l’ai fait la semaine dernière. Je suis ici simplement pour vous partager, comme prévu, des extraits du corrosif roman de Frédéric Beigbeder, auteur français, intitulé L’amour dure trois ans.
Avant de procéder, un petit mot concernant l’actualité, et son plus triste acteur : et j’ai nommé l’ineffable Mario Dumont. Il tombe dans la démagogie la plus pure. En fait, il revient aux sources de l’ADQ, à l’époque où Mario Dumont était le seul député de ce parti et jouait aux Power Rangers à l’Assemblée nationale (clin d’œil à RBO). Parmi ses propositions les plus exaspérantes : privatiser une partie d’Hydro-Québec, sinon tout; abolir les nouveaux cours d’Étique et culture religieuse; construire un nouvel aréna à Québec, terminer la « réingénierie » de l’État québécois que Jean Charest n’a pas eu le « courage » de mener à terme, et j’en oublie sûrement d’autres aussi farfelues les unes que les autres. Vivement que ce politicien soit relégué aux banquettes arrières avant qu’il ne dilapide nos acquis sociaux et ruine ce qui reste du « modèle québécois », bien que ce dernier ne soit pas parfait non plus. Il se tire dans le pied avec cette stratégie qui vire toujours plus à droite. Paraîtrait qu’il veut garder sa base adéquiste afin de sauver les dégâts. Bonne chance, Mario.
Maintenant, voici les phrases qui m’ont fait sourire, rire ou réfléchir. Je ne suis pas d’accord avec toutes, et je suis certain que Beigbeder aussi nuancerait certains de ses propos, mais le mérite de pousser parfois à l’extrême est de nous forcer à nous questionner. Les numéros de page sont de la version de poche, chez Folio, pour ceux qui douteraient de la véracité de mes citations. J’ai tenté de ne pas trop en mettre, mais une chance que le roman ne fait que 194 pages...
- Les fêtes ont été données à l’homme pour lui permettre de cacher sa pensée. p. 18
- On dit souvent qu’« il faut sauver les apparences ». Moi je dis qu’il faut les assassiner car c'est le seul moyen d’être sauvé. 23
- La première année, on dit : « Si tu me quittes, je me TUE. » La seconde année, on dit : « Si tu me quittes, je souffrirai mais je m’en remettrai. » La troisième année, on dit : « Si tu me quittes, je sabre le champagne. » 27-28
- La société vous trompe : elle vous vend le grand amour alors qu’il est scientifiquement démontré que ces hormones cessent d’agir après trois années. 28
- La vérité est toujours décevante, c'est pourquoi tout le monde ment. 39
- Car c’est soi-même que l’on abîme le plus, quand on fait souffrir quelqu’un. 41
- Le divorce est un dépucelage mental. […] ce genre de désastres […] sont les seuls événements qui nous apprennent à devenir des hommes. 44
- Quand on a tout trop tôt, on finit par espérer un désastre, en guise de délivrance. 47
- La seule question en amour, c’est : à partir de quand commence-t-on à mentir? 53
- C'est donc cela, la vie d’adulte : construire des châteaux de sable, puis sauter dessus à pieds joints, et recommencer l’opération, encore et encore, alors qu’on sait bien que l’océan les aurait effacés de toute façon? 61
- L’amour est la seule déception programmée, le seul malheur prévisible dont on redemande. 68
- Aimer quelqu’un qui vous aime aussi, c’est du narcissisme. Aimer quelqu’un qui ne vous aime pas, ça, c’est de l’amour. 69
- Tout le problème de l’amour, me semble-t-il, est là : pour être heureux on a besoin de sécurité alors que pour être amoureux on a besoin d’insécurité. 79
- Il est exaspérant de s’apercevoir que l’on a les mêmes interrogations que tout le monde. C'est une leçon de modestie. 84
- Et puis il y a ce monstrueux concept refroidisseur, le plus puissant somnifère jamais inventé : le Devoir Conjugal. 102
- Au XXe siècle, l’amour est un téléphone qui ne sonne pas. 110
- Être seul est devenu une maladie honteuse. Pourquoi tout le monde fuit-il la solitude? Parce qu’elle oblige à penser. […] Or plus on pense, plus on est intelligent, donc plus on est triste. 111
- L’amour est incompréhensible. Quand on le voit chez les autres on est incapable de le comprendre, et encore moins quand il vous arrive. 118-119
- Les riches d’aujourd’hui ont oublié que l’argent est un moyen, non une fin. 127
- Ceux qui ont peur de la mort ne sont pas des gens curieux. 141
- Être amoureux, c’est cela : un mal de ventre dont le seul remède, c’est toi. 144
- L’amour est le problème des gens qui n’ont pas de problème. 148
- Mais si tu veux [que l’amour] dure, je crois qu’il faut apprendre à s’ennuyer bien. […] Ce qu’il faut, c’est chercher l’ennui, comme ça tu seras toujours surpris de ne pas te faire chier. 151
- Le bonheur est bien plus effrayant que le malheur. 175
- Donner naissance à quelqu’un dans un monde pareil? Criminel! Égoïste! Narcissique! 177
- Pour mener l’être humain vers la civilisation, il a fallu quelques millions d’années, alors que le retour au Néandertal prend moins d’une semaine. 180
- Pour que l’amour dure toujours, il suffit de vivre hors du temps. C'est le monde moderne qui tue l’amour. 182
- On bâtit des murs pour se protéger, mais ce sont ces murs qui un jour deviennent une prison. 187
- On est amoureux le jour où l’on met du dentifrice sur une autre brosse à dents que la sienne. 188
- Surtout, j’ai appris que pour être heureux, il faut avoir été malheureux. 188
- Pour aimer quelqu’un d’autre, il faut d’abord s’aimer soi-même.191
- Plutôt que de se poser la question de la durée d’un amour, profiter de l’instant présent est-il le meilleur moyen de le prolonger? 192
Avant de quitter, je vais vous laisser quelques phrases du roman que j’ai récemment entamé, Au secours pardon, toujours de Beigbeder. C'est en fait la suite de 99F, où l’on suit les aventures du terrible Octave. L’édition est celle de poche, publiée chez Le Livre de poche.
- Qu’est-ce que le fascisme cosmétique féminin? C'est la fusion d’une chef, mondiale, et d’un peuple féminin, mondial, dans un projet totalement paradoxal, et, partant, fascinant : chacune ne deviendra elle-même que si elle ressemble à la chef. p. 13
- Auparavant, comme tout le monde, je faisais semblant d’être normal. La vraie folie surgit quand cesse la comédie sociale. 23
- Aujourd’hui, toutes les femmes sont belles au premier regard. Parce qu’elles savent toutes cacher leurs défauts. 41
Avant de procéder, un petit mot concernant l’actualité, et son plus triste acteur : et j’ai nommé l’ineffable Mario Dumont. Il tombe dans la démagogie la plus pure. En fait, il revient aux sources de l’ADQ, à l’époque où Mario Dumont était le seul député de ce parti et jouait aux Power Rangers à l’Assemblée nationale (clin d’œil à RBO). Parmi ses propositions les plus exaspérantes : privatiser une partie d’Hydro-Québec, sinon tout; abolir les nouveaux cours d’Étique et culture religieuse; construire un nouvel aréna à Québec, terminer la « réingénierie » de l’État québécois que Jean Charest n’a pas eu le « courage » de mener à terme, et j’en oublie sûrement d’autres aussi farfelues les unes que les autres. Vivement que ce politicien soit relégué aux banquettes arrières avant qu’il ne dilapide nos acquis sociaux et ruine ce qui reste du « modèle québécois », bien que ce dernier ne soit pas parfait non plus. Il se tire dans le pied avec cette stratégie qui vire toujours plus à droite. Paraîtrait qu’il veut garder sa base adéquiste afin de sauver les dégâts. Bonne chance, Mario.
Maintenant, voici les phrases qui m’ont fait sourire, rire ou réfléchir. Je ne suis pas d’accord avec toutes, et je suis certain que Beigbeder aussi nuancerait certains de ses propos, mais le mérite de pousser parfois à l’extrême est de nous forcer à nous questionner. Les numéros de page sont de la version de poche, chez Folio, pour ceux qui douteraient de la véracité de mes citations. J’ai tenté de ne pas trop en mettre, mais une chance que le roman ne fait que 194 pages...
- Les fêtes ont été données à l’homme pour lui permettre de cacher sa pensée. p. 18
- On dit souvent qu’« il faut sauver les apparences ». Moi je dis qu’il faut les assassiner car c'est le seul moyen d’être sauvé. 23
- La première année, on dit : « Si tu me quittes, je me TUE. » La seconde année, on dit : « Si tu me quittes, je souffrirai mais je m’en remettrai. » La troisième année, on dit : « Si tu me quittes, je sabre le champagne. » 27-28
- La société vous trompe : elle vous vend le grand amour alors qu’il est scientifiquement démontré que ces hormones cessent d’agir après trois années. 28
- La vérité est toujours décevante, c'est pourquoi tout le monde ment. 39
- Car c’est soi-même que l’on abîme le plus, quand on fait souffrir quelqu’un. 41
- Le divorce est un dépucelage mental. […] ce genre de désastres […] sont les seuls événements qui nous apprennent à devenir des hommes. 44
- Quand on a tout trop tôt, on finit par espérer un désastre, en guise de délivrance. 47
- La seule question en amour, c’est : à partir de quand commence-t-on à mentir? 53
- C'est donc cela, la vie d’adulte : construire des châteaux de sable, puis sauter dessus à pieds joints, et recommencer l’opération, encore et encore, alors qu’on sait bien que l’océan les aurait effacés de toute façon? 61
- L’amour est la seule déception programmée, le seul malheur prévisible dont on redemande. 68
- Aimer quelqu’un qui vous aime aussi, c’est du narcissisme. Aimer quelqu’un qui ne vous aime pas, ça, c’est de l’amour. 69
- Tout le problème de l’amour, me semble-t-il, est là : pour être heureux on a besoin de sécurité alors que pour être amoureux on a besoin d’insécurité. 79
- Il est exaspérant de s’apercevoir que l’on a les mêmes interrogations que tout le monde. C'est une leçon de modestie. 84
- Et puis il y a ce monstrueux concept refroidisseur, le plus puissant somnifère jamais inventé : le Devoir Conjugal. 102
- Au XXe siècle, l’amour est un téléphone qui ne sonne pas. 110
- Être seul est devenu une maladie honteuse. Pourquoi tout le monde fuit-il la solitude? Parce qu’elle oblige à penser. […] Or plus on pense, plus on est intelligent, donc plus on est triste. 111
- L’amour est incompréhensible. Quand on le voit chez les autres on est incapable de le comprendre, et encore moins quand il vous arrive. 118-119
- Les riches d’aujourd’hui ont oublié que l’argent est un moyen, non une fin. 127
- Ceux qui ont peur de la mort ne sont pas des gens curieux. 141
- Être amoureux, c’est cela : un mal de ventre dont le seul remède, c’est toi. 144
- L’amour est le problème des gens qui n’ont pas de problème. 148
- Mais si tu veux [que l’amour] dure, je crois qu’il faut apprendre à s’ennuyer bien. […] Ce qu’il faut, c’est chercher l’ennui, comme ça tu seras toujours surpris de ne pas te faire chier. 151
- Le bonheur est bien plus effrayant que le malheur. 175
- Donner naissance à quelqu’un dans un monde pareil? Criminel! Égoïste! Narcissique! 177
- Pour mener l’être humain vers la civilisation, il a fallu quelques millions d’années, alors que le retour au Néandertal prend moins d’une semaine. 180
- Pour que l’amour dure toujours, il suffit de vivre hors du temps. C'est le monde moderne qui tue l’amour. 182
- On bâtit des murs pour se protéger, mais ce sont ces murs qui un jour deviennent une prison. 187
- On est amoureux le jour où l’on met du dentifrice sur une autre brosse à dents que la sienne. 188
- Surtout, j’ai appris que pour être heureux, il faut avoir été malheureux. 188
- Pour aimer quelqu’un d’autre, il faut d’abord s’aimer soi-même.191
- Plutôt que de se poser la question de la durée d’un amour, profiter de l’instant présent est-il le meilleur moyen de le prolonger? 192
Avant de quitter, je vais vous laisser quelques phrases du roman que j’ai récemment entamé, Au secours pardon, toujours de Beigbeder. C'est en fait la suite de 99F, où l’on suit les aventures du terrible Octave. L’édition est celle de poche, publiée chez Le Livre de poche.
- Qu’est-ce que le fascisme cosmétique féminin? C'est la fusion d’une chef, mondiale, et d’un peuple féminin, mondial, dans un projet totalement paradoxal, et, partant, fascinant : chacune ne deviendra elle-même que si elle ressemble à la chef. p. 13
- Auparavant, comme tout le monde, je faisais semblant d’être normal. La vraie folie surgit quand cesse la comédie sociale. 23
- Aujourd’hui, toutes les femmes sont belles au premier regard. Parce qu’elles savent toutes cacher leurs défauts. 41
lundi 3 novembre 2008
Pot pourri
Bonsoir chers lecteurs, j’avais le goût de vous entretenir de quelques sujets dignes d'intérêt en ce lundi soir automnal.
Premièrement, comment ne pas en parler, Barack Obama deviendra-t-il le prochain président des États-Unis d’Amérique (ça sonne mieux en anglais : « the next president of the United States of America »)? Bonne question. Selon les sondages, oui, et même relativement facilement. Mais selon certains ouï-dire, une majorité d’électeurs mentiraient aux sondeurs, faussant ainsi les données. Dur à dire, donc. Une chose est certaine cependant, Barack Obama ne transformerait pas les États-Unis. Son élection à la place du sinistre John McCain éviterait sûrement une misérable guerre contre l’Iran ou quelque moyenne puissance, mais elle ne signifierait pas non plus un changement radical de politique étrangère. Le lobby juif continuerait de faire pression en faveur d’un appui à Israël et le terrorisme serait toujours vu comme la plus grande menace qui soit. Obama empêchera peut-être une nouvelle guerre froide de voir le jour, quoique certaines âmes malveillantes pourraient profiter de sa légère ouverture pour tenter de prendre aux États-uniens ce que ces derniers leur ont pris et certains radicaux États-uniens critiqueraient violemment Obama. Le dilemme est là et je ne crois pas qu’Obama pourra vraiment y changer quoique ce soit, surtout en temps de crise financière. Et le « Yankees go home! » entendu un peu partout à propos de l’Irak ne se concrétisera pas de sitôt. À l’intérieur, il est difficile de croire qu’Obama enclenchera de grandes réformes. Les lobbys ont financé sa campagne à coups de millions; le laisseront-ils agir à sa guise et dans le sens d’une plus grande justice sociale, donc d’une réduction des profits des entreprises? Il y a matière à en douter.
En haut du 45e parallèle, nous attendons la confirmation d’une élection provinciale qui s’annonce haute en couleurs (!), parlez-en à Mario Dumont. Personnellement, je n’ai aucun problème avec deux élections successives et je ne comprends pas ceux qui se plaignent, à part que ça engouffre des fonds publics de manière éhontée (parole d’ancien employé d’Élections Canada). Les campagnes électorales sont les seuls moments excitants dans le monde politique, à part les temps de crise. On peut donc se réjouir, et quand on est tannés, on change de poste, de pays, de planète ou de galaxie. Mais en même temps, le prétexte pour déclencher des élections est très douteux et alimente le cynisme populaire. Manœuvre politicienne, le timing est judicieux pour un Jean Charest tout en rondeurs qui espère agrandir son cercle de députés. S’il demeure minoritaire, là il aura perdu son pari. Je crois plus cependant qu’il veut rayer de la carte politique l’ADQ, ces empêcheurs de tourner en rond qui ont emmerdé Monsieur le Premier ministre et sa non moins honorable équipe.
Autre sujet ayant trait à la politique : avez-vous eu la « chance » d’écouter l’ineffable André Arthur à son émission du midi, de 11h30 à 13h, sur les ondes de TQS? C'est d’un ridicule consommé. S’il voulait nous faire aimer la ville de Québec, c’est raté. S’il voulait nous faire mépriser les réactionnaires de Québec qui votent ADQ et Conservateur et qui idolâtrent la radio-poubelle de Jeff Filion et André Arthur, c’est réussi. C'est petit comme émission : petit budget, petite culture, petite intelligence. Seul le salaire de l’animateur ne doit pas être petit, avec ses 150 000$ de député fédéral qu’il reçoit annuellement en plus. J’ai juste hâte de voir son émission animée en direct d’Ottawa lorsque reprendront les travaux parlementaires aux Communes. Et ses nœuds papillons sont horribles. Il tente de faire un Don Cherry de lui-même. Les sujets tournent toujours autour des mêmes thèmes ou ramènent toujours aux mêmes leçons débilitantes et simplistes à l’extrême : le peuple de Québec est dont bon comparé aux snobs de Montréal et du Plateau, le gouvernemaman est dont partout avec sa propagande. C'est d’une étroitesse d’esprit à faire pleurer. Et à faire rire aussi, vous irez un jeter un coup d’œil.
Parlant de pourriture, je reçois gratuitement depuis une semaine et pour encore une autre semaine le merveilleux Journal de Mourial. Moi qui n’ai pas souvent eu la chance de lire (plutôt regarder) ce que ce journal offre à beaucoup trop de Québécois, je peux donc critiquer en connaissance de cause. Voici quelques éléments généraux : textes trop courts, contenu insipide, aucune contextualisation, trop d’images, sensationnalisme crasse, publicité envahissante, convergence à son mieux. Il faut chercher longtemps pour avoir de la bonne information. Les premières pages ne sont que des faits divers où les meilleurs journalistes sont dépêchés pour savoir si ça fait de la grosse peine à la maman que son fils se soit fait écrasé par un maudit chauffard. On n’a pas besoin de le lire, on s’en doute déjà. Et ils nous le montrent en plus! Les chroniqueurs remontent légèrement le niveau du contenu, quoique très peu. L’espace qui leur est accordé est ridicule et ne permet pas de développer grand-chose, restant ainsi en surface. Et ne parlons pas de l’information internationale, il n’y en a pas. À part l’élection états-unienne, parce que c'est à la mode d’en parler, il faut chercher entre les publicités les rares et courtes dépêches d’agences concernant les quelques explosions d’Irakiens ou de « Tamouls » qui constituent le gros de l’information, si c'est bien de l’information. C'est inquiétant qu’un tel journal soit aussi « lu ». On peut se demander ce que cela donne en terme de politisation et de culture. C'est peut-être bien divertissant et facile à lire, mais je cherche toujours comment ce torchon peut former des citoyens.
Changement de sujet : je suis en train de lire, à temps perdu, un petit roman de Frédéric Beigbeder, l’auteur du roman 99F, son œuvre la plus connue et qui a été portée au grand écran récemment. Le livre s’intitule L’amour dure trois ans. Cet auteur est d’un cynisme désopilant et a le sens de la formule choc. C'est vraiment délicieux à lire. Je vous en partagerai d’ailleurs les meilleurs phrases quand j’aurai fini de le lire, ça vaut la peine.
En terminant, j’ai un dernier petit coup de gueule contre les ramasseurs de feuilles nouvelle génération. Dans mon jeune temps, on appelait cela un râteau. Aujourd’hui, c’est un petit gadget qui fonctionne, je crois, à l’électricité et qui fait un vacarme désagréable. C'est un signe de plus de la paresse toute occidentale qui mènera le monde à sa perte. Au lieu de se mettre en forme en râtelant, on emmerde les voisins et on consomme de l’énergie (pas grave, c’est pas cher au Québec!) avec ce petit objet qui pousse les feuilles en tas et démontre notre paresse. Plusieurs gens de mon voisinage ont cela et ça m’irrite sérieusement. Mais ça ne battra pas le petit monsieur que j’ai vu cet été. Le bachi-bouzouk arrosait ses plantes avec un parapluie. Oui, il arrosait ses plantes alors qu’il pleuvait! Pas fort. Ça fait désespérer de la race humaine.
Sur ce, bonne semaine et à bientôt!
Premièrement, comment ne pas en parler, Barack Obama deviendra-t-il le prochain président des États-Unis d’Amérique (ça sonne mieux en anglais : « the next president of the United States of America »)? Bonne question. Selon les sondages, oui, et même relativement facilement. Mais selon certains ouï-dire, une majorité d’électeurs mentiraient aux sondeurs, faussant ainsi les données. Dur à dire, donc. Une chose est certaine cependant, Barack Obama ne transformerait pas les États-Unis. Son élection à la place du sinistre John McCain éviterait sûrement une misérable guerre contre l’Iran ou quelque moyenne puissance, mais elle ne signifierait pas non plus un changement radical de politique étrangère. Le lobby juif continuerait de faire pression en faveur d’un appui à Israël et le terrorisme serait toujours vu comme la plus grande menace qui soit. Obama empêchera peut-être une nouvelle guerre froide de voir le jour, quoique certaines âmes malveillantes pourraient profiter de sa légère ouverture pour tenter de prendre aux États-uniens ce que ces derniers leur ont pris et certains radicaux États-uniens critiqueraient violemment Obama. Le dilemme est là et je ne crois pas qu’Obama pourra vraiment y changer quoique ce soit, surtout en temps de crise financière. Et le « Yankees go home! » entendu un peu partout à propos de l’Irak ne se concrétisera pas de sitôt. À l’intérieur, il est difficile de croire qu’Obama enclenchera de grandes réformes. Les lobbys ont financé sa campagne à coups de millions; le laisseront-ils agir à sa guise et dans le sens d’une plus grande justice sociale, donc d’une réduction des profits des entreprises? Il y a matière à en douter.
En haut du 45e parallèle, nous attendons la confirmation d’une élection provinciale qui s’annonce haute en couleurs (!), parlez-en à Mario Dumont. Personnellement, je n’ai aucun problème avec deux élections successives et je ne comprends pas ceux qui se plaignent, à part que ça engouffre des fonds publics de manière éhontée (parole d’ancien employé d’Élections Canada). Les campagnes électorales sont les seuls moments excitants dans le monde politique, à part les temps de crise. On peut donc se réjouir, et quand on est tannés, on change de poste, de pays, de planète ou de galaxie. Mais en même temps, le prétexte pour déclencher des élections est très douteux et alimente le cynisme populaire. Manœuvre politicienne, le timing est judicieux pour un Jean Charest tout en rondeurs qui espère agrandir son cercle de députés. S’il demeure minoritaire, là il aura perdu son pari. Je crois plus cependant qu’il veut rayer de la carte politique l’ADQ, ces empêcheurs de tourner en rond qui ont emmerdé Monsieur le Premier ministre et sa non moins honorable équipe.
Autre sujet ayant trait à la politique : avez-vous eu la « chance » d’écouter l’ineffable André Arthur à son émission du midi, de 11h30 à 13h, sur les ondes de TQS? C'est d’un ridicule consommé. S’il voulait nous faire aimer la ville de Québec, c’est raté. S’il voulait nous faire mépriser les réactionnaires de Québec qui votent ADQ et Conservateur et qui idolâtrent la radio-poubelle de Jeff Filion et André Arthur, c’est réussi. C'est petit comme émission : petit budget, petite culture, petite intelligence. Seul le salaire de l’animateur ne doit pas être petit, avec ses 150 000$ de député fédéral qu’il reçoit annuellement en plus. J’ai juste hâte de voir son émission animée en direct d’Ottawa lorsque reprendront les travaux parlementaires aux Communes. Et ses nœuds papillons sont horribles. Il tente de faire un Don Cherry de lui-même. Les sujets tournent toujours autour des mêmes thèmes ou ramènent toujours aux mêmes leçons débilitantes et simplistes à l’extrême : le peuple de Québec est dont bon comparé aux snobs de Montréal et du Plateau, le gouvernemaman est dont partout avec sa propagande. C'est d’une étroitesse d’esprit à faire pleurer. Et à faire rire aussi, vous irez un jeter un coup d’œil.
Parlant de pourriture, je reçois gratuitement depuis une semaine et pour encore une autre semaine le merveilleux Journal de Mourial. Moi qui n’ai pas souvent eu la chance de lire (plutôt regarder) ce que ce journal offre à beaucoup trop de Québécois, je peux donc critiquer en connaissance de cause. Voici quelques éléments généraux : textes trop courts, contenu insipide, aucune contextualisation, trop d’images, sensationnalisme crasse, publicité envahissante, convergence à son mieux. Il faut chercher longtemps pour avoir de la bonne information. Les premières pages ne sont que des faits divers où les meilleurs journalistes sont dépêchés pour savoir si ça fait de la grosse peine à la maman que son fils se soit fait écrasé par un maudit chauffard. On n’a pas besoin de le lire, on s’en doute déjà. Et ils nous le montrent en plus! Les chroniqueurs remontent légèrement le niveau du contenu, quoique très peu. L’espace qui leur est accordé est ridicule et ne permet pas de développer grand-chose, restant ainsi en surface. Et ne parlons pas de l’information internationale, il n’y en a pas. À part l’élection états-unienne, parce que c'est à la mode d’en parler, il faut chercher entre les publicités les rares et courtes dépêches d’agences concernant les quelques explosions d’Irakiens ou de « Tamouls » qui constituent le gros de l’information, si c'est bien de l’information. C'est inquiétant qu’un tel journal soit aussi « lu ». On peut se demander ce que cela donne en terme de politisation et de culture. C'est peut-être bien divertissant et facile à lire, mais je cherche toujours comment ce torchon peut former des citoyens.
Changement de sujet : je suis en train de lire, à temps perdu, un petit roman de Frédéric Beigbeder, l’auteur du roman 99F, son œuvre la plus connue et qui a été portée au grand écran récemment. Le livre s’intitule L’amour dure trois ans. Cet auteur est d’un cynisme désopilant et a le sens de la formule choc. C'est vraiment délicieux à lire. Je vous en partagerai d’ailleurs les meilleurs phrases quand j’aurai fini de le lire, ça vaut la peine.
En terminant, j’ai un dernier petit coup de gueule contre les ramasseurs de feuilles nouvelle génération. Dans mon jeune temps, on appelait cela un râteau. Aujourd’hui, c’est un petit gadget qui fonctionne, je crois, à l’électricité et qui fait un vacarme désagréable. C'est un signe de plus de la paresse toute occidentale qui mènera le monde à sa perte. Au lieu de se mettre en forme en râtelant, on emmerde les voisins et on consomme de l’énergie (pas grave, c’est pas cher au Québec!) avec ce petit objet qui pousse les feuilles en tas et démontre notre paresse. Plusieurs gens de mon voisinage ont cela et ça m’irrite sérieusement. Mais ça ne battra pas le petit monsieur que j’ai vu cet été. Le bachi-bouzouk arrosait ses plantes avec un parapluie. Oui, il arrosait ses plantes alors qu’il pleuvait! Pas fort. Ça fait désespérer de la race humaine.
Sur ce, bonne semaine et à bientôt!
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