Je suis allé voir récemment le film C'est pas moi je le jure!, réalisé par Philippe Falardeau. Le film est une adaptation de deux des romans de Bruno Hébert, soit C'est pas moi je le jure! et Alice court avec René. Ayant lu les deux romans il y a quelques années, l’adaptation me semble fidèle à l’esprit des romans et met très bien en scène l’histoire de Léon Doré, jeune homme de 10 ans troublé par le départ de sa mère. « Le divorce, c'est péché », dit à Léon le petit morveux de la maison d’en face. Surtout pour le Québec de 1968, où se déroule l’histoire. Qu’à cela ne tienne, la mère de Léon, la seule qui le comprend et qui l’aime malgré ses tentatives de suicide ou ses mensonges éhontés, part pour la Grèce.
Le film est très touchant et rend bien compte des émotions des personnages et des moments difficiles d’une famille, du petit Léon à son grand frère Jérôme qui ne veut qu’une famille « normale », en passant par le paternel de Léon qui veut « sauver le monde » mais qui ne comprend pas les aventures de la mère ou du fils. Léa, que Léon déteste mais apprivoise peu à peu, est aussi un personnage très bien joué et qui a sa part de problèmes, mais qui est touchante.
Ce film est une sorte de Denis la malice, version québécoise et avec plus de sensibilité. Les écarts de conduite de Léon ne sont pas le résultat d’un enfant gâté qui veut embêter ses voisins grincheux, mais le produit d’un enfant délaissé qui ne trouve pas sa place nulle part. Et quand il semble la trouver, des obstacles se dressent devant lui. Le courage de ce jeune garçon est toutefois exemplaire : « qui n’a rien doit tout risquer ».
Cela dit, c'est un film extraordinaire que je recommande à tous.
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